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L’avenir de la planète : de l’angoisse à l’espérance.

. Une conférence de Séb. Carcelle sur l’écologie

Article mis en ligne le 4 décembre 2014
dernière modification le 12 janvier 2015
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Conférence organisée par la Communauté locale CVX de Louvain-la-Neuve le 30 janvier 2014. Dans l’attente du texte de la Conférence, en voici une synthèse, parue dans la Gazette de Pâques 14

Devant une audience nombreuse, Sébastien Carcelle sj, professeur à l’Ecole d’ingénieurs de l’Université catholique de Lille, a mis en lumière la relation qui lie spiritualité et écologie.
La conférence se voulait un parcours spirituel inspiré par la rencontre entre Marie Madeleine et Jésus ressuscité au matin de Pâques (Jn 20, 11-18). Ce parcours rejoint nos peurs, nos hésitations et nos questions face à la crise écologique actuelle et aux changements environnementaux qui menacent la survie de l’humanité.

Premier retournement
L’angoisse qui habite nos contemporains est celle d’une chronique annoncée, celle de la mort de l’humanité à cause des dérèglements climatiques et de leurs conséquences catastrophiques sur la planète. Le premier retournement spirituel que propose Sébastien Carcelle est le passage de l’angoisse à une vision nouvelle. Comme Marie Madeleine, l’homme plonge aujourd’hui son regard dans le tombeau et il voit. Trois attitudes sont possibles devant cet état de délabrement de l’environnement. Celle de l’éco-scepticisme : « non, tout cela est faux ! » ; celle de l’éco-cynisme : « oui, il y a désastre mais je ne puis rien faire ! » ; ou encore celle de l’éco-désespérance : « oui, nous pouvons faire quelque chose mais le changement est trop lent ».
Devant ce constat, un sentiment de désespérance et de cynisme envahit souvent les écologistes militants. Il faut oser regarder la réalité en face. C’est ainsi qu’est née dans les années 50 la conscience de changements environnementaux majeurs qui menacent l’humanité. C’est par l’observation scientifique et la production d’informations incontestables que le regard sur l’évolution de la terre a changé, que la responsabilité de l’homme est apparue.
C’est une responsabilité collective, certes, mais aussi individuelle. Mais il ne faudrait pas céder à la panique ou au catastrophisme. Comme l’écrivait le Père général Peter-Hans Kolvenbach sj à ses compagnons, ce n’est pas la fin du monde, mais la fin d’un monde. Ne nous laissons pas écraser par les événements, mais demandons-nous comment sortir de ce sentiment de sidération pour voir quel changement commence à poindre.

Second retournement
Comme lors de la rencontre de Jésus et de Marie Madeleine, un second retournement nous est demandé. Comment nous laisser toucher au cœur pour comprendre, comme Marie, que Dieu est là : « Rabbouni ! » c’est-à-dire « Maître ! ».
Sébastien Carcelle propose plusieurs pistes pour cette conversion du cœur.
D’abord, consentir à ne rien faire. C’est l’art du sabbat : le septième jour de la création, Dieu se reposa, et il vit que cela était bon. Sommes-nous encore capable de ne rien faire au cours de la semaine, pour redécouvrir la nature, pour percevoir que notre rapport à la création est heureux ?
Ensuite, se souvenir. Qui ne se souvient d’un paysage, unique à ses yeux, qu’il aime et qui compte vraiment pour lui seul ? Retrouver ce rapport amoureux à la création est essentiel, avant toute considération morale.
Savoir contempler la création, l’Ad Amorem dont parle saint Ignace dans les Exercices spirituels, en percevant comment Dieu travaille pour nous, pour moi, aujourd’hui, dans sa création.
Et passer de la dimension passive de la contemplation à l’élan vital décrit par Bergson, à l’action positive. L’homme peut devenir créateur à son tour, par la musique, la peinture, l’écriture, la broderie… Car créer nous pousse à donner, ce qui entraîne à l’amour de l’autre, comme Dieu le fit en premier pour l’homme.

Reconnaître et être reconnu
Comment reconnaître Dieu présent dans la création malmenée ? Pourtant, le Credo nous montre ce Dieu trinitaire. Il y a le Père, créateur de toute chose, qui a tout donné et s’est retiré pour laisser place à l’homme. Il y a le Fils qui nous donne sa manière d’être homme selon le projet du Père. Et il y a l’Esprit, qui donne la vie, qui continue à travailler dans le monde. Croyons-nous en cet Esprit-créateur, qui habite la terre, qui a parlé par les prophètes et continue d’œuvrer aujourd’hui. Il rejoint et traverse nos expériences humaines. Par la foi, nous pouvons sortir de nos peurs d’être abandonnés car Dieu est à nos côtés.
Sommes-nous capable de voir l’Esprit à l’œuvre, comme Marie qui reconnaît enfin le « jardinier ».
Déjà, le concile Vatican II avait déjà pointé ces signes des temps dans les années 60, indiqué ces législations qui pouvaient faire changer les choses, ces actions locales qui sont de notre responsabilité. La vie chrétienne n’est-elle pas toute tournée vers la fin des temps, vers le Christ qui vient à nous ? Selon la visée de la fin ultime, Dieu sera « tout en tous ». C’est lui qui fera l’unité de l’homme.
La problématique de la gestion planétaire de la nature nous aide à comprendre que nous sommes destinés à vivre en communauté humaine. Et Sébastien Carcelle nous rappelle que c’est là l’intuition fondamentalement chrétienne de l’Union européenne, selon des hommes tels Jean Monnet, qui rassemble pour la première fois tant d’êtres humains dans une même destinée choisie.

Enfin, être envoyé
Comme Jésus renvoie Marie Madeleine vers ses frères, nous aussi nous sommes envoyés vers nos contemporains pour des actions écologiques et créatrices d’un monde nouveau. C’est là une expérience de la communion humaine, placée sous le regard de Dieu. Il n’est plus question d’un jugement entre nous ou par les générations futures, mais d’une communion.
N’est-ce pas la deuxième règle du discernement selon saint Ignace qui dit qu’il ne faut pas prêter attention à l’esprit qui décourage et qui ajoute les difficultés les unes aux autres, mais qu’il s’agit d’écouter l’esprit qui montre les possibilités d’agir concrètement et donne du cœur à l’action de l’homme ?
La conférence a donné lieu à des questions et des réponses riches et nourrissantes. Merci à l’équipe organisatrice qui a permis cet échange profond sur l’avenir de notre terre.
R H
Equipe St Pierre – LLN

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